03 février 2008

2008 : Relancer l'Europe

Communiqué de l'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté"

Après le brutal arrêt de l'approfondissement de l'Union européenne consécutif au
rejet par les peuples français et néerlandais du projet de Constitution
européenne, l'année 2008 doit marquer la relance de la construction européenne.
L'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" (AFSL) prendra toute sa part dans ce
combat.



1- Adopter le nouveau traité



La première priorité de cette année, dans tous les Etats membres de l'UE, sera
l'adoption du nouveau traité. A plusieurs reprises, nous avons exprimé
clairement combien ce traité est limité et, pour répondre à la nécessité
d'approfondir davantage dans une perspective fédérale l'UE, insuffisant. Ceci
étant dit, son adoption est néanmoins aujourd'hui nécessaire pour que l'UE en
finisse avec le blocage de l'Union consécutif à l'abandon du Traité
constitutionnel. De ce point de vue, hommes et femmes de gauche, nous rejetons
fermement l'argumentation du Comité national pour un référendum. Le choix de la
procédure de ratification appartient au Président de la République, et celui-ci
avait clairement avant l'élection qui l'a porté à cette fonction exprimé son
choix pour la voie parlementaire. La légitimité des chambres parlementaires pour
ratifier un traité n'est pas non plus contestable. Reconnaissons au Parti
socialiste la justesse de la décision de son Bureau national appelant à la
ratification de ce nouveau traité. Il importe que tous les Etats membres de l'UE
suivent l'exemple de la Hongrie et permettent à l'UE de disposer sans tarder
d'institutions renforcées. L'Action fédéraliste "Socialisme & Liberté" fait
résolument campagne, avec les autres mouvements et organisations européistes,
pour la ratification du Traité de Lisbonne.



2- Réussir la Présidence française



Depuis son élection, le Président de la République française gesticule beaucoup,
multiplie les annonces en tous sens, mais hélas ne construit rien de durable.
Pourtant, plus que jamais, la situation internationale comme celle de chacun des
Etats membres de l'UE exigent une action résolue mais respectueuse. La France
assumera à partir du 1er juillet 2008 la présidence de l'Union européenne. Cette
responsabilité à venir des Autorités françaises exigent d'elles qu'elles
travaillent avec leurs homologues européennes, en les respectant, quelle que
soit la taille des Etats ou leur richesse. L'Action fédéraliste "Socialisme &
Liberté" (AFSL), sans méconnaître les impératifs de sécurité de l'UE, souhaite
que l'UE se caractérise par une politique active et exigeante, mais aussi
généreuse, en direction des Etats riverains de la Méditerranée. Elle sera donc
particulièrement vigilante à la mise en oeuvre du projet présidentiel d'Union
méditerranéenne afin qu'il n'altère pas la nécessaire solidarité européenne mais
qu'il y soit au contraire subordonné. La relance du "Processus de Barcelone" est
une nécessité économique sans doute, mais surtout politique. La stabilisation
démocratique des Etats méditerranéens est la seule voie pour un développement
économique harmonieux et un gage de sécurité pour l'UE. L'Action fédéraliste
"Socialisme & Liberté" (AFSL) participera à la deuxième édition des Etats
généraux de l'Europe le 21 juin 2008 à Lyon. Ce sera l'occasion de discuter avec
d'autres organisations de la société civile de la réalité et de la force de
l'engagement européen des Autorités françaises à la veille de la présidence
française.



3- Préparer 2009



Les socialistes et sociaux-démocrates, les fédéralistes et tous les
progressistes en Europe doivent, ensemble, proposer une alternative politique
qui porte l'espérance des plus démunis et construisent avec les autres peuples
du monde une alliance durable, pour la paix et le développement. Le Parti
socialiste européen (PSE) travaille sur un projet ambitieux de manifeste
électoral, commun à tous les partis et mouvements socialistes et sociaux
démocrates européens. Les socialistes européens doivent présenter aux prochaines
élections pour le Parlement européen de juin 2009 des listes susceptibles
d'incarner cette alternative politique. Ils doivent désigner en leur sein celui
ou celle qui devra incarner cette alternative pour présider à la Commission
européenne !



4- Tracer des perspectives de moyen terme



Le Traité de Lisbonne permettra sans doute un meilleur fonctionnement de l'UE
une fois adopté et mis en oeuvre. Il ne saurait cependant prétendre demeurer la
règle commune européenne pour de longues années, tant il est ambigu et inachevé.
Les Européennes et les Européens doivent dès maintenant préparer l'étape
suivante de leur futur commun. La mise en place par les Chefs d'Etat et de
gouvernement d'un "Comité des Sages" présidé par Felipe Gonzalez pour esquisser
l'avenir de l'Europe à l'horizon 2020-2030 est, de ce point de vue, une bonne
chose. Mais la mobilisation citoyenne est plus nécessaire encore. Les
socialistes, sociaux-démocrates, fédéralistes et autres progressistes doivent
collectivement s'engager dans ce travail de définition du périmètre, des
politiques à mener et des institutions de l'Union européenne. En ce qui nous
concerne, nous nous y attacherons !