11 janvier 2007

Communiquer sur l'Europe

sacha commentait ma note sur l'élection du nouveau président du Mouvement européen en soulignant que pour convaincre il faut d'abord informer. Certes le peu de connaissance de l'union européenne chez nos concitoyens les rend particulièrement vulnérables aux carabistouilles eurosceptiques, néanmoins il faut distinguer éducation, information et communication.

Sur ce dernier point, Cédric, Européen jamais content, publie aujourd'hui sur le Taurillon, un Carton rouge à la politique de communication de l’Union européenne que je vous invite à commenter.

Je suis plutôt d'accord avec les remarques de Cédric - mis à part je j'aime bien le logo du cinquantenaire pour ma part - mais il faut aussi insister sur les limites d'une politique de communication et/ou d'information si elle n'est pas appuyée par un engagement politique.

Il est vrai que les politologues ont constatés que le niveau d'éducation était l'un des critères déterminant du vote sur l'Europe - tout comme il l'est sur le vote Front national (lire par exemple "L'électeur a ses raisons" de D. Boy, N. Mayer sur les comportements électoraux). Mais il ne s'agit pas là d'information ni de communication. Par ailleurs on a vu lors du dernier référendum des personnes parfaitement bien informées se prononcer contre le texte, ces personnes reprenant alors généralement les éléments de critique des fédéralistes sur le traité constitutionnel (voir par exemple les lacunes du traité dans cette résolution).

Si la nécessité d'éduquer est incontestable - mais reste un facteur de long terme - raison de plus pour commencer à s'y mettre. Informer et communiquer sont en revanche insuffisants car même bien informée une personne peut ne pas être convaincue.

Les militants européens sont souvent à la fois les plus informés et les plus critiques sur l'Union européenne : l'essentiel de leur message est qu'il faut la réformer.

Informer est le travail des médias et communiquer celui des institutions. Le rôle des militants européens est de convaincre - non pas sur l'Union européenne et ses politiques - mais sur le projet européen et les réformes à mener. Cela implique un discours distinct, comportant à la fois une argumentation sur le fond et la proclamation de valeurs. Ceci, nulle politique de communication institutionnelle ne peut le mener à bien.